Identification et localisation
À l'extrémité méridionale de la rive occidentale thébaine, Malkata occupait la bordure du désert et de la plaine cultivée. Le nom désigne un paysage archéologique étendu, non la seule résidence du souverain. Les ruines peu élevées des bâtiments de terre crue et les levées qui bordaient Birket Habu sont aujourd'hui les repères les plus lisibles. La ville royale se situait au sud du temple funéraire de Kôm el-Hettan ; cette proximité ne confond pas leurs fonctions.
Présentation générale
Le secteur palatial réunissait le palais du roi, d'autres résidences, un pavillon d'audience, des espaces administratifs et un sanctuaire d'Amon. Des zones d'habitat et de production accueillaient les personnes chargées de faire fonctionner la cour et les célébrations. Les sols, murs et plafonds peints connus par fragments montrent une décoration élaborée. Ils renseignent sur des pièces précises, sans permettre de restituer uniformément l'aspect de tous les bâtiments. Les murs ondulés, conservés à faible hauteur dans plusieurs secteurs, participaient à l'organisation de l'espace.
Monuments et vestiges
Birket Habu était un vaste bassin artificiel, aménagé en bordure de la ville et long d'environ 2,5 kilomètres selon les travaux de terrain présentés par le Penn Museum. Il servait d'accès par l'eau et intervenait aussi dans le cadre cérémoniel. Les déblais de son creusement formaient d'imposantes levées. Plus au sud, la plateforme de Kôm el-Samak est liée aux rites jubilaires ; celle de Kôm el-Abd reste d'interprétation incertaine. Ces éléments montrent que le fonctionnement de Malkata dépassait largement les salles d'apparat.
Chronologie et phases de construction
Le palais fut commencé avant le premier jubilé et le transfert de la cour à Malkata intervint à la fin de l'an 29, selon le Penn Museum. Les trois fêtes-Sed d'Aménophis III sont situées aux années 30, 34 et 37 de son règne. Il faut donc distinguer le chantier initial, les aménagements réalisés pour les célébrations suivantes et les réparations d'édifices existants. La mission conjointe de Malkata attribue notamment à la seconde fête la construction d'un temple consacré à Amon. Après la mort du souverain, la ville fut largement délaissée ; il serait trompeur de la décrire comme un ensemble resté actif de façon identique pendant des siècles.
Histoire et fonctions
La cité hébergeait la famille royale et assurait les besoins matériels d'une cour nombreuse. Les étiquettes de jarres mises au jour sur le site mentionnent vin, bière, graisse et viande destinés aux fêtes, ainsi que des responsables de leur approvisionnement. Elles donnent accès à l'administration concrète des jubilés, au-delà de leurs représentations rituelles. Les bouchons portant les cartouches du roi et de la reine Tiyi renvoient aussi à des domaines royaux producteurs. Les cérémonies mobilisaient plusieurs lieux de la région thébaine : la présence de Malkata au centre du dispositif n'autorise pas à tracer un parcours précis entre chaque monument.
Fouilles et histoire de la recherche
Le Metropolitan Museum of Art mena six campagnes entre 1910 et 1920. Les fouilles de David O'Connor et Barry Kemp dans les années 1970 étudièrent notamment Birket Habu ; l'université Waseda travailla sur le site de 1985 à 1992. Une mission conjointe, engagée à partir de 2008, a poursuivi l'exploration et la conservation du palais. Plans anciens, mobilier, observations de surface et sondages récents apportent des renseignements de nature différente : leurs résultats doivent être comparés avant d'attribuer une fonction à une pièce ou une date à un mur.
État de conservation et questions de recherche
La terre crue s'érode vite lorsque les murs sont exposés. Les parties hautes ayant souvent disparu, la hauteur d'origine, la circulation intérieure et l'apparence de certaines façades demeurent hypothétiques. La mise en culture et les transformations du paysage compliquent la lecture du bassin. Les questions portent notamment sur la succession des aménagements jubilaires et sur les liens entre palais, quartiers de service et zones situées vers Kôm el-Hettan.
Sources principales
Sources principales (consultées le 28 septembre 2026) : Catharine H. Roehrig, « The Met's Joint Mission to Malqata », Metropolitan Museum of Art, https://www.metmuseum.org/ja/perspectives/malqata-excavation ; « History of the Site », Joint Expedition to Malqata, https://imalqata.wordpress.com/history/ ; Jennifer Houser Wegner, « Festive Fragments », Penn Museum, https://www.penn.museum/sites/expedition/festive-fragments/ .
