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Pyramide à tranches de Zaouiyet el-Aryan : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Pyramide à tranches de Zaouiyet el-Aryan
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

La pyramide à tranches, ou Layer Pyramid, se trouve dans la nécropole de Zaouiyet el-Aryan, dans la région memphite, entre Gizeh et Saqqara. C’est une pyramide royale inachevée de la IIIe dynastie, généralement rapprochée de la période qui suit Sékhemkhet. Elle est fréquemment attribuée à Khaba, souverain connu par son nom d’Horus. Aucun nom de roi n’ayant été relevé dans le monument, il faut distinguer cette attribution plausible d’une identification directe. Le nom antique du complexe et la destination funéraire effective du roi restent inconnus. Il ne faut pas confondre ce monument avec l’autre chantier pyramidal inachevé de Zaouiyet el-Aryan, situé plus au nord et désigné dans la littérature comme la Grande Fosse ou pyramide septentrionale.

Présentation générale

Son intérêt tient à la visibilité d’un chantier interrompu. Là où une enveloppe achevée aurait masqué les étapes de construction, les restes mettent en évidence un noyau et des couches de maçonnerie successives. Le mot « tranches » traduit le principe des couches d’accrétion inclinées vers l’intérieur. L’ensemble appartient aux expérimentations de la IIIe dynastie autour de la forme pyramidale et de l’organisation des espaces souterrains. Le faible état d’achèvement ne permet pas de dessiner avec certitude l’élévation finale envisagée. La pyramide, la mastaba Z500 et l’autre chantier septentrional sont trois entités distinctes au sein d’un même paysage funéraire.

Monuments et vestiges

La superstructure conservée est basse, ruinée et composée de lits de pierre formant plusieurs enveloppes autour d’un noyau. La comparaison avec le monument de Sékhemkhet aide à comprendre le procédé, sans démontrer que les deux chantiers avaient exactement le même projet. Les descriptions des fouilles anciennes font état d’un accès descendant et d’une infrastructure souterraine, avec des espaces interprétés comme couloirs ou magasins. Les plans publiés diffèrent sur leur nombre, leurs dimensions et leur disposition : une restitution précise doit donc renvoyer à un relevé identifié plutôt qu’à un schéma composite présenté comme certain. La mastaba Z500 se situe à quelque 250 mètres au nord. Des récipients de pierre portant le serekh de Khaba y furent trouvés ; cette provenance est capitale. Aucun de ces vases ne provient de la pyramide à tranches. Les limites de l’enceinte et les éventuels aménagements cultuels du complexe restent moins assurés que la structure principale.

Chronologie et phases de construction

La datation générale à la IIIe dynastie repose sur la technique de construction et les comparaisons avec les pyramides à degrés de Saqqara. Le chantier est souvent placé après celui de Sékhemkhet, mais la chronologie fine des règnes et des projets demeure débattue. La présence du nom de Khaba dans Z500 établit une activité de ce souverain dans le voisinage ; elle ne date pas directement chaque phase de la pyramide et ne nomme pas son occupant. Les couches successives suggèrent un agrandissement prévu de la superstructure, arrêté avant l’achèvement. L’état des vestiges n’autorise pas à fixer le nombre de degrés qu’aurait compté le monument complet. Les causes de l’interruption ne sont pas documentées. Un règne court est parfois avancé, mais il ne constitue pas une explication prouvée pour ce chantier particulier.

Histoire et fonctions

L’hypothèse d’un complexe funéraire royal est cohérente avec la place du monument dans la tradition pyramidale de la IIIe dynastie et avec ses espaces souterrains. Elle ne signifie pas qu’une inhumation y soit attestée. La question de la tombe de Khaba demeure ouverte : une proposition savante a même privilégié la grande mastaba Z500, où son nom est effectivement documenté. Ces scénarios répondent à des indices différents : forme monumentale de la pyramide d’un côté, matériel inscrit de la mastaba de l’autre. La nécropole de Zaouiyet el-Aryan s’inscrit dans l’occupation funéraire de la région memphite, proche du pouvoir royal et de ses ressources. Les maçonneries montrent la mobilisation d’un savoir-faire collectif, mais elles ne livrent ni organisation administrative détaillée du chantier ni calendrier annuel de travaux.

Fouilles et histoire de la recherche

La pyramide fut signalée et décrite par plusieurs voyageurs et chercheurs au XIXe siècle, parmi lesquels John Shae Perring et Karl Richard Lepsius. Alessandro Barsanti intervint au tournant du XXe siècle ; George Reisner et Clarence Fisher entreprirent ensuite des explorations plus systématiques. Leurs documents restent essentiels, car les conditions d’accès et l’état des vestiges limitent les vérifications contemporaines. Leurs plans ne s’accordent cependant pas toujours sur l’infrastructure. Les fouilles de Z500 ont produit les vases au nom de Khaba, élément majeur du débat d’attribution. Les synthèses récentes reviennent donc aux rapports anciens, aux comparaisons architecturales et aux provenances des objets, au lieu de traiter tous les vestiges de la nécropole comme un seul ensemble. La Topographical Bibliography du Griffith Institute classe séparément la pyramide attribuée à Khaba et l’autre pyramide inachevée de Zaouiyet el-Aryan.

État de conservation et questions de recherche

L’érosion, les pertes de maçonnerie et l’arrêt ancien du chantier expliquent le profil peu élevé actuel. Une image de pyramide achevée serait une reconstruction hypothétique. La proximité d’une installation militaire, signalée dans la recherche, a aussi restreint les possibilités de réexamen du terrain ; l’état d’accès peut évoluer. Trois questions doivent rester séparées : qui a commandé la pyramide, qui a utilisé Z500, et où Khaba fut effectivement enterré. Les vases inscrits répondent directement à la deuxième, seulement indirectement aux deux autres. Le rapprochement avec Sékhemkhet soutient une place dans la séquence de la IIIe dynastie, sans fournir une date absolue. Les divergences des anciens plans et l’absence d’inscription royale dans la pyramide fixent la limite de toute restitution. Les deux images livrées avec les fiches sont des créations visuelles : la découverte est une évocation paysagère ;

Sources principales

Sources principales : UCL Digital Egypt, « King Khaba », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/chronology/kingkhaba.html ; Griffith Institute, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts, Statues, Reliefs and Paintings, vol. III/1, section « Zawyet el-Aryan », https://www.griffith.ox.ac.uk/topbib/pdf/pm3-1.pdf ; Dickinson, recherche doctorale, section 7.3 « Khaba », University College London, https://discovery.ucl.ac.uk/1448710/7/DICKINSON%20PHD%20V1.pdf ; UCL Digital Egypt, « Evolution of Pyramids », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/pyramids/shape.html.

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