El-Licht, pyramide de Sésostris Ier

Illustration du site El-Licht, pyramide de Sésostris Ier
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

À El-Licht Sud, au sud du Caire et de Memphis, se trouve le complexe funéraire de Sésostris Ier, appelé Senousert ou Senwosret dans de nombreuses publications. Fils d’Amenemhat Ier, il régna au début de la XIIe dynastie et choisit de se faire inhumer à courte distance de la pyramide de son père, qui occupe la partie nord du site. Les deux ensembles se trouvent près de la région où l’on situe Itjtaouy, la capitale du Moyen Empire, dont l’emplacement exact reste à établir.

Ce que l’on découvre

La pyramide elle-même est aujourd’hui très ruinée, pillée et privée d’une grande part de ses pierres. Ce qui frappe, en revanche, c’est l’ampleur de l’ensemble qui l’entourait. Un mur d’enceinte de pierre ceinturait la pyramide royale ; au-delà, une seconde enceinte, extérieure, délimitait un vaste espace où furent bâties neuf pyramides secondaires, ainsi que des tombes destinées à des membres de la famille royale et à des serviteurs de la maison du roi. Selon le Metropolitan Museum of Art, aucune autre enceinte pyramidale du Moyen Empire n’a été fouillée et publiée aussi complètement.

Cette abondance de données n’efface pas les pertes. Le site a été lourdement détruit et pillé, et une large part de l’architecture a dû être restituée à partir de ruines et de fragments.

Ce qu’il faut regarder

Le décor de l’enceinte intérieure mérite l’attention. Ses faces intérieure et extérieure portaient une série de cent grands panneaux sculptés, dont quatre ont pu être reconstitués à partir des fragments trouvés en fouille. L’un d’eux, conservé au Metropolitan Museum of Art (34.1.205), mesure plus de quatre mètres de haut. Il se lit de bas en haut comme une image du monde : en bas, une divinité de la fécondité évoque la terre fertile ; au milieu, une façade de palais richement ornée symbolise le domaine du roi ; au-dessus de cette façade s’inscrit son nom d’Horus, « Vivant de naissances » ; au sommet, le faucon du ciel domine l’ensemble. Le panneau porte aussi les noms Ânkhmesout et Khéperkarê. Multiplié sur tout le pourtour de la pyramide, ce type de panneau faisait de l’enceinte une affirmation continue de la royauté.

Un autre détail, plus modeste, est tout aussi parlant : les fouilles ont retrouvé des bois provenant de navires démontés, dont les pièces avaient été noyées dans les pistes utilisées pour acheminer les matériaux pendant la construction. Le chantier a ainsi laissé, sous le complexe achevé, la trace de sa propre logistique.

Son histoire

Le Metropolitan Museum of Art fouilla El-Licht dès les premières années du XXe siècle ; ses campagnes, menées de 1907 à 1934, ont livré notamment le panneau exposé à New York. En 1984, le département d’art égyptien du musée rouvrit le chantier, en appliquant des méthodes modernes d’enregistrement : nouveaux plans, coupes stratigraphiques et relevés de détails architecturaux vinrent compléter les archives anciennes. Dieter Arnold publia la pyramide en 1988, puis, en 1992, les monuments situés à l’intérieur de l’enceinte extérieure, en particulier les pyramides secondaires.

Plusieurs questions restent ouvertes. L’identité de toutes les personnes inhumées près du roi n’est pas établie, et le chantier, le culte funéraire et les sépultures ultérieures forment des phases distinctes qu’il faut démêler bloc par bloc.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Dieter Arnold, The Pyramid Complex of Senwosret I, Metropolitan Museum of Art, 1992 ; Dieter Arnold, The Pyramid of Senwosret I, Metropolitan Museum of Art, 1988 ; Name Panel from Mortuary Complex of Senwosret I (34.1.205), Metropolitan Museum of Art.