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Dahchour, pyramide rhomboïdale de Snéfrou : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Dahchour, pyramide rhomboïdale de Snéfrou
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

La pyramide rhomboïdale, appelée Bent Pyramid en anglais, occupe la partie méridionale de la nécropole de Dahchour, au sud de Saqqara dans la région memphite. Elle fut bâtie pour Snéfrou, premier roi de la IVe dynastie, au XXVIIe ou XXVIe siècle avant notre ère selon les chronologies employées. Son surnom moderne décrit la rupture de pente visible sur les quatre faces. Les sources égyptiennes postérieures distinguent la « pyramide méridionale » de Snéfrou de sa pyramide septentrionale, dite pyramide rouge. Le nom antique précis du monument et l’identification de la sépulture effective du roi requièrent davantage de prudence que l’attribution générale du complexe. Dahchour comporte aussi des pyramides du Moyen Empire, qui appartiennent à une autre histoire du site.

Présentation générale

Cette pyramide est un témoin majeur de la mise au point des grandes pyramides à faces lisses. La partie basse s’élève selon une pente forte, puis la pente s’adoucit dans la partie haute. La modification fut intégrée à l’ouvrage achevé, et n’est pas une cassure causée par une ruine tardive. Une part importante du parement extérieur a survécu, ce qui rend la silhouette particulièrement claire. À l’intérieur, deux systèmes d’accès et de chambres montrent un programme souterrain et interne complexe. L’édifice formait le centre d’un complexe avec pyramide satellite, chapelle, chaussée et temple de la vallée. Ces composantes permettent d’étudier ensemble construction, culte funéraire royal et organisation de la nécropole.

Monuments et vestiges

Le changement de pente est généralement décrit par des valeurs approchées de 55 degrés pour la partie inférieure et 43 degrés pour la partie supérieure ; les mesures varient selon les points et les conventions retenues. Le parement calcaire demeure visible sur de grandes surfaces. Un accès au nord mène à une chambre basse, tandis qu’un autre, placé haut sur la face ouest, dessert une chambre située plus haut dans la masse de la pyramide. Les deux chambres sont couvertes en encorbellement, technique qui avance progressivement les assises de pierre vers le centre. Une communication entre les systèmes a été étudiée, mais le schéma simplifié d’une planche ne rend pas toutes les étapes ni les modifications de l’infrastructure. Au sud s’élève une pyramide satellite. À l’est, une chapelle attenante et une longue chaussée conduisaient vers un temple de la vallée, à proximité de la zone cultivée. Des vestiges d’habitat et de culte liés au complexe sont connus dans cet environnement.

Chronologie et phases de construction

Le chantier fut entrepris sous Snéfrou avec une pente inférieure raide, puis poursuivi au-dessus d’une rupture de pente avec un angle plus faible. Cette séquence est lisible dans la silhouette. Les contraintes de charge, les désordres observés dans la maçonnerie et le souhait de terminer l’ouvrage sont souvent invoqués pour expliquer la décision. La documentation antique ne donne toutefois ni ordre de modification ni justification explicite : attribuer la totalité du changement à un accident précis dépasserait les preuves. La construction de la pyramide rouge au nord de Dahchour suivit avec une pente moins forte et régulière. Le rapport chronologique entre les trois grands projets de Snéfrou, Meïdoum, pyramide rhomboïdale et pyramide rouge, fut probablement complexe, avec des équipes et travaux qui purent se chevaucher. Une chronologie année par année reste discutée. Les phases du temple, de la chaussée et des installations de la vallée ne se déduisent pas mécaniquement du seul changement de pente de la pyramide.

Histoire et fonctions

La fonction funéraire royale explique la place de la pyramide, les chambres internes et l’association à des temples et à une chaussée. Le monument participait à la représentation de la permanence du roi et aux pratiques cultuelles qui pouvaient continuer après son décès. Des attestations postérieures de prêtres et d’administrateurs mentionnent les deux pyramides de Snéfrou à Dahchour et la pyramide méridionale ; elles montrent que le complexe gardait une identité propre. Elles ne prouvent pas, à elles seules, où se trouvait la dépouille du souverain. La pyramide satellite et les installations de la vallée avaient des fonctions inscrites dans le programme funéraire, mais le détail de chaque rite ne peut être restitué directement à partir des murs conservés. L’environnement de tombes privées et d’habitat souligne la présence d’un personnel et d’une société autour du monument.

Fouilles et histoire de la recherche

William Matthew Flinders Petrie effectua une campagne de relevés à Dahchour en 1887, publiée l’année suivante. Jacques de Morgan étudia ensuite la nécropole et les ensembles voisins à la fin du XIXe siècle. Les campagnes d’Ahmed Fakhry au XXe siècle ont été déterminantes pour documenter le complexe de la pyramide rhomboïdale et son temple de la vallée. Des études architecturales et des recherches sur la pente ont prolongé ces travaux. UCL Digital Egypt signale expressément que les raisons du changement d’angle peuvent être pratiques, idéologiques ou mêlées, et ne sont pas documentées par une déclaration ancienne. Le ministère égyptien présente une lecture technique liée à la stabilité de la construction. Ces deux formulations peuvent être articulées si l’on sépare l’observation matérielle, le changement de pente, de l’hypothèse sur son motif. Les inscriptions associées au complexe et aux tombes voisines fournissent également des repères d’attribution à Snéfrou.

État de conservation et questions de recherche

L’état de conservation est exceptionnel pour le parement, mais les aménagements internes, les temples et les espaces d’habitat sont connus de manière inégale. Une représentation du complexe doit donc distinguer les volumes conservés des restitutions. La pente inférieure et la pente supérieure sont mesurables ; le choix qui a conduit à leur différence demeure une question historique. La célèbre formule selon laquelle la pyramide aurait « échoué » simplifie le problème : l’édifice fut achevé dans sa forme modifiée et intégré à un ensemble cultuel. La pyramide rouge n’efface pas l’histoire propre de la pyramide méridionale. La découverte jointe à ce dossier est une illustration créée ;

Sources principales

Sources principales : ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, « The Bent Pyramid », https://egymonuments.gov.eg/en/monuments/the-bent-pyramid/ ; UCL Digital Egypt, « Dahshur, the Bent Pyramid », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/dahshur/bentpyramid.html ; UCL Digital Egypt, « King Snefru », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/chronology/kingsnefru.html ; UCL Digital Egypt, « Pyramid towns », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/pyramids/town.html ; Petrie, A Season in Egypt, 1888 ; Fakhry, The Monuments of Sneferu at Dahshur, 1959-1961, références signalées par UCL.

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