En quelques mots
À Abydos, une immense enceinte de briques crues se dresse encore à la lisière du désert. Appelée aujourd’hui Chounet el-Zébib, elle fut construite vers 2700 av. J.-C. pour Khâsekhemoui, dernier roi de la IIe dynastie. Ses murs rectangulaires entouraient un vaste espace à ciel ouvert. C’est l’unique enceinte royale de cette tradition encore debout à Abydos. Elle constitue un témoignage impressionnant de l’architecture monumentale avant la pyramide à degrés de Djéser.
Ce que l’on découvre
L’ensemble comprend deux murs concentriques : le mur intérieur, très massif, atteint encore par endroits environ onze mètres de haut, tandis que le mur extérieur était plus bas. La brique crue, les niches et les portes créaient une façade royale visible de loin. La tombe de Khâsekhemoui ne se trouvait pas dans la cour : elle était à Oumm el-Qaab, environ 1,75 kilomètre plus au sud. L’enceinte était la partie monumentale et cérémonielle d’un paysage funéraire plus vaste. Les fouilles y ont trouvé des amas de jarres, surtout liées à la bière, ainsi que des restes de bovins, du charbon et des sceaux brisés.
Son histoire
Ces dépôts indiquent des offrandes et des rituels accomplis à l’époque du roi, mais ne permettent pas de raconter une cérémonie précise. D’autres enceintes royales plus anciennes existaient à Abydos ; la plupart ont été détruites ou démantelées. La survie de Chounet el-Zébib ne signifie donc pas qu’elle était la seule. Après la IIe dynastie, le lieu fut réutilisé, notamment pour des sépultures d’animaux sacrés au Ier millénaire av. J.-C. et, bien plus tard, pour une communauté monastique. Ces usages ne décrivent pas sa fonction première.
Pourquoi ce lieu compte
Chounet el-Zébib montre à quelle échelle les premiers rois pouvaient bâtir en terre crue. Elle aide aussi à comprendre la distinction entre tombe et lieu de culte funéraire. Sa conservation demande un travail considérable : les murs, construits depuis près de cinq millénaires, sont fragilisés par l’érosion et des interventions anciennes. Les équipes archéologiques les étudient tout en les stabilisant. Les visuels séparés sont des évocations et une planche interprétative ; ils ne remplacent pas les relevés du monument.
