Le Moyen Empire a laissé des compositions qui ont été lues, copiées et admirées bien après leur création. Les récits éclairent les idées de leur temps, à condition de ne pas les traiter comme de simples chroniques d’événements.
Des textes transmis
Papyrus, ostraca et inscriptions conservent des œuvres de genres différents : récits, enseignements, hymnes ou réflexions sur la conduite humaine. Les copies qui nous sont parvenues peuvent être postérieures à la première composition. La date du manuscrit, celle du texte et celle de l’action racontée ne sont donc pas nécessairement les mêmes.
Le conte de Sinouhé, par exemple, fait voyager son personnage hors d’Égypte et pose des questions sur l’exil, l’identité et la relation au roi. On peut l’étudier comme une œuvre littéraire sans supposer que chaque épisode relate une expérience vécue. Son intérêt tient aussi à sa longue transmission dans l’enseignement des scribes.
Lire avec le support
Un texte écrit en hiératique sur papyrus n’a ni la même matérialité ni les mêmes usages qu’une inscription gravée. La fragilité des manuscrits explique aussi les lacunes du corpus. Ce que nous possédons dépend des lieux de conservation et des découvertes archéologiques.
La littérature du Moyen Empire offre ainsi une autre manière de parcourir la frise : elle met en scène des personnes, des peurs et des idéaux, tout en exigeant de distinguer la fiction, la mémoire et le document historique.