Pendant la Deuxième période intermédiaire, Avaris devient le centre d’un pouvoir établi dans l’est du Delta. L’étude de cette ville permet de dépasser le récit d’une simple invasion des « Hyksôs ».
Une ville de contacts
Le site de Tell el-Dabʿa est identifié à l’ancienne Avaris. Sa position dans le Delta oriental, sur des voies de communication vers le Sinaï et la Méditerranée, favorise les échanges. Les fouilles documentent des quartiers, des lieux de culte, des sépultures et des objets qui montrent des traditions diverses.
Le terme « Hyksôs » vient d’une expression égyptienne signifiant « chefs de pays étrangers ». Il désigne les souverains de la XVe dynastie, et ne doit pas servir d’étiquette unique pour toutes les personnes d’origine proche-orientale présentes dans le Delta. Les relations, les installations et les formes culturelles se sont développées sur plusieurs générations.
Le nord et le sud
Les rois d’Avaris ne contrôlent pas tout le pays pendant toute la période. D’autres pouvoirs existent, notamment à Thèbes. Leurs conflits, leurs contacts et leurs frontières sont connus par des sources inégales. À la fin de la période, Ahmôsis met fin au pouvoir hyksôs dans le nord et ouvre la XVIIIe dynastie.
Une histoire d’Avaris doit donc faire place à l’archéologie urbaine autant qu’aux noms des rois. Elle montre une Égypte connectée à ses voisins, dans laquelle l’appartenance culturelle ne se laisse pas réduire à une opposition entre « Égyptiens » et « étrangers ».