Avant les premières listes royales, comment placer un vase ou une tombe dans le temps ? Les archéologues croisent plusieurs méthodes, chacune avec ses possibilités et ses marges d’incertitude.
Comparer ce qui a été trouvé ensemble
William Matthew Flinders Petrie a proposé une « datation séquentielle » pour les tombes prédynastiques. Il a observé les formes de poteries, notamment l’évolution de certains vases à anses ondulées, puis comparé les types présents dans un même ensemble. Cette méthode classe les assemblages les uns par rapport aux autres ; elle ne donne pas à elle seule une année du calendrier.
Une tombe peut être perturbée, réutilisée ou mal documentée. Un objet isolé est donc moins parlant qu’un contexte de découverte soigneusement enregistré. Les phases de Nagada ont été affinées depuis Petrie : la chronologie est un outil de recherche, pas un tableau définitivement fixé.
Passer d’un ordre relatif à des dates
La stratigraphie situe les couches les unes par rapport aux autres. Des analyses physiques, comme la datation au radiocarbone lorsque des matières organiques convenables sont conservées, apportent d’autres repères. Les chercheurs confrontent ces résultats aux séquences d’objets et aux premières inscriptions. Les intervalles restent généralement plus larges que pour les périodes historiques tardives.
Un bon article historique précise donc ce qu’il date : la fabrication d’un objet, le dépôt d’une tombe, une couche d’occupation ou une phase culturelle. Cette prudence évite de donner une précision trompeuse aux tout premiers siècles de l’histoire égyptienne.