Le nom de Nagada désigne plusieurs phases culturelles de la Haute-Égypte, reconnues surtout grâce aux objets et aux tombes. Derrière cette étiquette se cachent près d’un millénaire de transformations, et non une population immobile.
La céramique comme fil conducteur
Les chercheurs distinguent habituellement Nagada I, II et III. Les formes, les matières et les décors des poteries changent au fil de ces phases. D’autres objets, en pierre ou en métal, témoignent également de techniques élaborées. En comparant des ensembles trouvés dans différents cimetières, les archéologues proposent un ordre relatif avant de chercher à l’associer à des dates absolues.
La diffusion de certaines formes ne veut pas dire que toute l’Égypte devient identique. Les échanges, les imitations et les traditions locales se croisent. Les grandes tombes de la fin de la période révèlent des écarts sociaux, mais les objets funéraires ne racontent qu’une partie des rapports entre les vivants.

Une transition vers les premiers États
Dans la phase Nagada III apparaissent des inscriptions très anciennes et des signes d’un pouvoir de plus en plus structuré. Il faut pourtant se garder de projeter rétroactivement l’État pharaonique classique sur ces siècles. Les objets montrent des expériences politiques en cours, dont les contours restent débattus.
Lire Nagada par ses assemblages, ses lieux et ses techniques aide à voir ce qui change progressivement avant les premières dynasties. C’est aussi un bon exemple de la manière dont une chronologie archéologique se construit à partir de comparaisons, puis se révise.