Hâpy, fils d’Horus
Hâpy, fils d’Horus, est une divinité funéraire que l’on reconnaît souvent à sa tête de babouin. Dans le groupe des quatre fils d’Horus, il veille habituellement sur les poumons du défunt. Son nom ressemble à celui de Hâpy, dieu de la crue du Nil, mais il s’agit de deux figures différentes. Le contexte de l’objet, l’inscription et l’apparence de babouin permettent de les distinguer.
Les quatre fils d’Horus
Hâpy appartient à un ensemble avec Amset, Douamoutef et Qebehsenouf. Leurs images occupent une place importante dans les équipements funéraires. Les correspondances les plus courantes associent Hâpy aux poumons, Amset au foie, Douamoutef à l’estomac et Qebehsenouf aux intestins. Les quatre directions et quatre déesses protectrices peuvent également leur répondre. Le nombre quatre exprime une garde étendue autour du corps plutôt qu’une simple classification de l’anatomie.
Sur certains vases canopes, un couvercle à tête de babouin signale Hâpy. Les vases servaient à conserver les organes retirés lors de la momification, mais cette pratique n’a pas été identique à toutes les époques. Une figurine du Metropolitan Museum of Art, trouvée dans la momie de Gautsoshen, illustre une autre solution : les organes avaient été traités puis replacés dans le corps avec de petites figures protectrices. L’existence de ce groupe de quatre images ne suppose donc pas nécessairement quatre vases remplis à côté du cercueil.
Une protection des poumons
Le Metropolitan Museum identifie explicitement cette figurine à Hâpy, gardien habituel des poumons. Le souffle est important pour la vie, mais il serait imprudent de déduire de cette seule association une théorie complète de la respiration dans les textes religieux. Les Égyptiens cherchaient à préserver l’intégrité du défunt et à lui permettre de vivre sous une autre forme. Chaque gardien intervient dans cette continuité du corps et de l’identité.
Dans plusieurs systèmes de correspondances, Nephtys protège Hâpy. Cette relation ajoute une autre puissance de garde autour des poumons. Les déesses et les quatre fils apparaissent parfois ensemble sur des coffres et dans des inscriptions. Leur disposition peut varier. Pour interpréter un objet précis, il faut observer toutes ses faces et non seulement le couvercle le plus visible.
Le babouin dans l’image
La tête de babouin est devenue le signe le plus commode pour reconnaître Hâpy dans une série canope. L’animal apparaît aussi dans l’iconographie d’autres dieux, notamment Thot. La ressemblance animale n’est donc pas une identité divine. L’emplacement sur le vase, la présence des autres fils d’Horus et le nom inscrit orientent la lecture. Les images égyptiennes travaillent par ensembles de signes, pas par portraits individualisés au sens moderne.
Le dessin de cette fiche place Hâpy en pied avec une tête de babouin, un sceptre et une croix de vie. C’est une présentation cohérente pour notre galerie de divinités, mais les objets funéraires anciens le montrent souvent sous une forme beaucoup plus compacte. Le petit visage d’un vase, une figurine enveloppée dans une momie ou une vignette peinte ont chacun leurs contraintes matérielles.
Hâpy rappelle ainsi que la protection des morts était une action collective. Plusieurs dieux, images, paroles et matières intervenaient pour préserver une personne. Le sien gardait les poumons dans un système qui faisait de chaque partie du corps un élément précieux de la vie à venir. C’est là son rôle distinctif, bien loin de la fertilité des eaux du Nil.
Sources et repères
- Metropolitan Museum of Art — Figurine viscérale à tête de babouin
- Global Egyptian Museum — Les quatre fils d’Horus
- Global Egyptian Museum — Distinction avec Hâpy du Nil
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