En quelques mots
La pyramide de Mykérinos, ou Menkaourê, est la plus petite des trois grandes pyramides de Gizeh. Le roi régna probablement vers 2532–2503 avant notre ère, à la fin de la IVe dynastie. Sa pyramide se distingue par les blocs de granit rouge qui habillaient sa partie basse. Autour d’elle se trouvent trois petites pyramides et les vestiges de temples liés au culte du souverain défunt.
Ce que l’on découvre
La pyramide mesurait environ 65 mètres de haut à l’origine. Le granit d’Assouan couvrait le quart inférieur de son parement ; du calcaire habillait le reste. Plusieurs blocs de granit sont encore visibles, parfois avec une surface laissée brute. À côté s’alignent trois pyramides plus petites, généralement associées à des reines. Sur le côté est, les ruines du temple funéraire marquent le début d’une chaussée qui descendait vers un temple de la vallée. Ces espaces sont moins complets que la grande pyramide, mais ils montrent qu’un complexe royal réunissait tombeau, bâtiments de culte et itinéraire cérémoniel.
Son histoire
Mykérinos mourut avant l’achèvement de son ensemble funéraire. Les constructeurs modifièrent le projet : dans les temples, la brique crue blanchie remplaça en partie les grands blocs de pierre et le revêtement de granit prévus. La pyramide garde ainsi les traces d’un chantier interrompu et repris. Le culte funéraire du roi se poursuivit pourtant pendant plusieurs siècles. Au début du XXe siècle, les fouilles de George Andrew Reisner dans les temples mirent au jour de nombreuses sculptures royales ; leurs dossiers et plans sont conservés notamment dans l’archive Digital Giza de Harvard.
Pourquoi ce lieu compte
La taille plus modeste de la pyramide ne traduit pas à elle seule une perte de savoir-faire ou de pouvoir. Le choix d’un granit lointain et dur, ainsi que l’importance des temples, montrent d’autres priorités et des contraintes de chantier. En regardant la pyramide avec les petits monuments voisins et les temples, on comprend que Gizeh n’est pas seulement une succession de silhouettes monumentales : c’est aussi un ensemble de lieux destinés à des rituels durables.
