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Gizeh, Grand Sphinx et temple du Sphinx : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Gizeh, Grand Sphinx et temple du Sphinx
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le Grand Sphinx et le temple du Sphinx occupent le secteur oriental du plateau de Gizeh, au pied de la chaussée du complexe funéraire de Khéphren. Le Sphinx est une sculpture royale léonine dégagée dans le substrat calcaire ; son temple de l’Ancien Empire se trouve devant ses pattes, à l’est. Le temple de la vallée de Khéphren est immédiatement voisin, au sud. L’ensemble est généralement attribué à la IVe dynastie et au règne de Khéphren, vers 2558–2532 avant notre ère dans la chronologie du présent corpus. Cette attribution est étayée par le contexte archéologique, sans être fixée par une inscription de fondation du Sphinx conservée.

Présentation générale

Le monument est à la fois une image du pouvoir royal et le produit d’un vaste chantier de carrière. Sa forme, taillée dans une masse rocheuse laissée en place, ne peut être comprise séparément de l’enceinte creusée autour de lui ni des blocs des temples proches. Le temple du Sphinx, distinct du temple de la vallée de Khéphren, fait partie de ce programme monumental. Les usages du site ont changé au cours du temps, notamment lorsque le Sphinx fut vénéré sous le nom de Horemakhet au Nouvel Empire.

Monuments et vestiges

La tête humaine porte le némès royal ; le tronc, les membres antérieurs étendus et la queue appartiennent à la figure du lion. La roche naturelle forme le noyau de la sculpture. Des maçonneries de reprise recouvrent ou stabilisent plusieurs parties du corps et des pattes : l’aspect actuel ne correspond donc pas partout à la surface sculptée initiale. Les parois de l’excavation laissent lire les strates de calcaire et les étapes du dégagement du monument. Devant les pattes, le temple du Sphinx conserve surtout des murs et des blocs massifs, avec des espaces ouverts et des secteurs aujourd’hui lacunaires. Il ne se confond ni avec le temple de la vallée voisin, habillé de granit et associé à la chaussée de Khéphren, ni avec le petit sanctuaire d’Aménophis II élevé beaucoup plus tard. La proximité de ces structures est essentielle pour lire les rapports entre statue, carrière et architecture.

Chronologie et phases de construction

Le temple de la vallée de Khéphren aurait été achevé avant la taille du Sphinx et de son temple, selon l’analyse archéologique résumée par le ministère égyptien. Les études géologiques et les relevés pierre par pierre rapprochent les couches de calcaire de l’excavation du Sphinx des blocs employés dans les deux temples voisins. Cette correspondance permet de reconstruire des séquences d’extraction et de construction, mais elle ne fournit pas une année de fondation précise. Sous la XVIIIe dynastie, Aménophis II fit édifier un sanctuaire lié à Horemakhet près du Sphinx. Son fils Thoutmosis IV plaça entre les pattes la stèle du Songe, texte royal qui inscrit le monument dans une nouvelle histoire cultuelle. D’autres réparations et dégagements ont modifié sa présentation jusqu’à l’époque contemporaine.

Histoire et fonctions

Dans son cadre de la IVe dynastie, le Sphinx associait l’image royale à la puissance du lion et au complexe funéraire de Khéphren. La fonction rituelle exacte du temple du Sphinx, ainsi que la portée originelle de ses orientations et de son programme, sont discutées ; il serait excessif d’en faire un sanctuaire solaire dont tous les rites seraient connus. Au Nouvel Empire, l’identification à Horemakhet, « Horus dans l’horizon », est explicitement attestée par la tradition cultuelle et les monuments du secteur. La stèle de Thoutmosis IV présente un récit royal : elle renseigne sur cette phase de réception du Sphinx, sans constituer un témoignage contemporain de sa création à l’Ancien Empire.

Fouilles et histoire de la recherche

Le Sphinx a été décrit, dégagé et restauré à plusieurs reprises depuis l’époque moderne. Émile Baraize dirigea d’importants travaux de dégagement au début du XXe siècle. De 1979 à 1983, le projet de cartographie de l’American Research Center in Egypt, conduit notamment par Mark Lehner, a relevé la statue, le temple du Sphinx et le temple de la vallée pierre par pierre. Le croisement de la photogrammétrie, des plans architecturaux et de l’étude des couches géologiques a renforcé l’interprétation d’un chantier coordonné. Les archives de ce projet, comprenant cartes, relevés, diapositives et photographies, ont ensuite été numérisées et diffusées avec l’appui de l’ARCE. Elles constituent une base documentaire plus précise qu’une simple vue touristique du monument.

État de conservation et questions de recherche

L’érosion différentielle du calcaire, les campagnes de réparation et les restaurations rendent délicate la séparation visuelle entre sculpture originelle et maçonnerie ajoutée. Le temple est conservé de manière fragmentaire ; ses volumes entiers ne sont plus directement observables. L’attribution à Khéphren reste la plus largement défendue, fondée sur la topographie, les relations de chantier et les comparaisons stylistiques, mais elle doit être formulée comme une conclusion archéologique plutôt que comme la lecture d’une inscription dédicatoire. Les restitutions d’élévations, de circulations et de rites du temple sont des hypothèses à confronter aux plans et à la stratigraphie. Le visuel approfondi joint au dossier est une composition interprétative non métrique ; il n’est ni un plan de fouille ni un relevé de l’état exact du site.

Sources principales

Sources principales : ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, « The Great Sphinx », https://egymonuments.gov.eg/monuments/the-great-sphinx/ ; ministère égyptien, « Pyramid Complex of Khafre », https://egymonuments.gov.eg/monuments/pyramid-complex-of-khafre-khefren/ ; American Research Center in Egypt, « Sphinx Mapping Digital Database », https://arce.org/project/sphinx-mapping-digital-database/ ; ARCE, « The Long-Hidden ARCE Sphinx Mapping Project Is Unveiled », https://arce.org/resource/long-hidden-arce-sphinx-mapping-project-unveiled/ (sources en ligne consultées le 27 septembre 2026).

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