Après l’Ancien Empire, le pouvoir ne disparaît pas d’Égypte. Il se répartit entre plusieurs centres dont les ambitions, les alliances et les conflits changent au fil du temps.
Changer d’échelle
Les listes de rois donnent l’impression d’une suite interrompue, mais elles éclairent mal la vie des régions. Dans la Première période intermédiaire, des pouvoirs liés notamment à Héracléopolis et à Thèbes se développent, tandis que les responsables locaux prennent une place accrue dans les monuments et les inscriptions. Les limites exactes de cette période varient selon les chronologies retenues.
Les tombes et les objets de sites comme Qau, Badari ou Sedment montrent que les communautés provinciales continuent de produire, de commercer et de représenter leurs élites. Il faut éviter de déduire de la division politique une catastrophe uniforme pour toute la population.
Lire les récits de crise avec prudence
Certains textes égyptiens parlent de désordre, de manque et de restauration de l’ordre. Ils ont leur propre date et leur propre projet littéraire ou politique. On ne peut pas les prendre comme un reportage transparent sur tous les territoires pendant plusieurs générations.
La Première période intermédiaire devient plus compréhensible lorsqu’on la lit à plusieurs échelles : les prétentions des rois, les initiatives des dirigeants régionaux et les traces matérielles laissées par les habitants. Le Moyen Empire qui suit réorganise ces héritages plutôt qu’il ne surgit d’un vide.