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Bakenranef, un roi saïte entre histoire et traditions

Image symbolique : trois silhouettes royales sans visage, coiffées de la couronne blanche, du némès et de la couronne rouge
Image symbolique commune aux souverains sans portrait individuel : elle ne représente pas le visage de ce souverain. Couronnes d’après la statue de Sésostris Ier et le relief d’Ahmôsis, Metropolitan Museum of Art.

Un souverain peu documenté

Bakenranef, appelé Bocchoris par les auteurs grecs, appartient à la XXIVe dynastie de Saïs. Son nom de couronnement est Ouahkarê. UCL Digital Egypt situe approximativement son règne entre 722 et 712 avant notre ère, mais les systèmes chronologiques de la Troisième Période intermédiaire ne s’accordent pas sur tous les chevauchements. Il succède à Tefnakht dans la lignée saïte, alors que les rois de Koush exercent aussi des prétentions et une influence en Égypte. Les monuments contemporains au nom de Bakenranef sont rares. Cette pauvreté des preuves explique pourquoi son image a été largement façonnée par des récits grecs postérieurs. Un article doit présenter le roi attesté avant d’examiner la légende de réformateur qui lui fut associée.

Saïs et les pouvoirs contemporains

La cour de Bakenranef est rattachée à Saïs dans le Delta occidental. Ce centre est important pour les routes, les sanctuaires et les réseaux des chefs locaux. Il ne faut pas supposer que Bakenranef dirigea automatiquement toute l’Égypte parce qu’il porte des cartouches royaux. Au même moment, la dynastie koushite de Piye puis de Chabaka cherche à étendre ou consolider son autorité. Les souverains de plusieurs régions peuvent apparaître dans des listes modernes successives alors que leurs règnes se chevauchent. Cette situation demande une géographie politique plutôt qu’une simple colonne de dates. Les objets datés, les inscriptions et les contextes de découverte sont nécessaires pour savoir où le nom de Bakenranef était reconnu.

Une titulature de roi égyptien

Le nom de couronnement Ouahkarê suit la tradition pharaonique et affirme la pleine qualité royale de Bakenranef. Comme pour Tefnakht, la titulature est une déclaration politique et religieuse ; elle ne mesure pas directement la superficie administrée. Les attestations dispersées doivent être lues avec soin, car le nom Bakenranef a aussi pu être porté par des particuliers à d’autres époques. Un relief de tombe portant ce nom ne peut donc pas être attribué au roi sans vérifier son titre, sa date et son contexte. Cette précaution évite les faux enrichissements de la biographie. Le dossier sûr est mince, mais il suffit à situer une royauté saïte concurrente de la présence koushite dans la vallée.

Les récits grecs de législation

Les auteurs grecs et romains postérieurs ont fait de Bocchoris un roi sage ou un législateur. Ces traditions sont intéressantes pour l’histoire de la mémoire de l’Égypte. Elles ne peuvent cependant être utilisées comme preuve directe d’une réforme juridique du VIIIe siècle avant notre ère. Leur rédaction est beaucoup plus tardive et leurs thèmes répondent à des débats grecs sur la loi, la justice et les rois exemplaires. Pour retrouver une éventuelle mesure réellement prise par Bakenranef, il faudrait un document égyptien contemporain et identifiable. En son absence, on peut exposer la tradition, préciser son époque et expliquer pourquoi elle ne fournit pas une liste de décrets authentiques. Le contraste entre réputation et preuves est le cœur du sujet.

Une fin de règne mal connue

La fin de Bakenranef est parfois racontée dans des récits de confrontation avec les rois koushites. Les détails dramatiques transmis tardivement, notamment sur sa mort, ne sont pas confirmés par une source contemporaine sûre. On ne connaît pas non plus sa tombe. Les chronologies placent ensuite la XXVe dynastie au premier plan de l’histoire égyptienne, mais la transition a pu être progressive et régionale. Il faut donc distinguer la disparition d’une lignée dans la mémoire royale, la perte de l’autorité de Saïs et la vie des institutions locales. Le manque de preuves ne doit pas être comblé par des anecdotes. Il indique les questions sur lesquelles l’archéologie du Delta pourrait encore apporter des informations.

Bakenranef dans la chronologie

La datation du règne dépend de la comparaison des listes saïtes et koushites, des témoignages anciens et des objets datés. UCL donne une fourchette utile, mais le chevauchement avec Chabaka montre que les dynasties numérotées ne sont pas toujours des règnes nationaux successifs. Le classement « XXIVe puis XXVe » peut masquer une rivalité contemporaine. Un article de 700 à 1000 mots doit rendre cette situation intelligible avec une carte mentale simple : Saïs au nord-ouest, Napata et Thèbes sur un autre axe, plusieurs souverains revendiquant la qualité de roi. La prudence chronologique donne plus de sens au nom de Bakenranef qu’une date trop précise affichée sans contexte.

Une figure utile pour penser les sources

Bakenranef mérite un article précisément parce que son cas met à l’épreuve les méthodes de l’histoire ancienne. Un nom et une titulature attestent le souverain ; les listes le situent approximativement ; les récits grecs ont fabriqué un portrait de sage législateur ; la tombe et les décisions concrètes restent inconnues. Séparer ces couches permet d’écrire un article honnête et substantiel sans reprendre des légendes comme des faits. Le roi devient aussi une porte d’entrée vers la concurrence politique du Delta et la montée de la XXVe dynastie. Sa réputation postérieure fait partie de l’histoire, mais elle doit être racontée comme une réception, distincte du règne réel.

Sources principales