← Seconde domination perse

Artaxerxès III, la seconde conquête perse

Image symbolique : trois silhouettes royales sans visage, coiffées de la couronne blanche, du némès et de la couronne rouge
Image symbolique commune aux souverains sans portrait individuel : elle ne représente pas le visage de ce souverain. Couronnes d’après la statue de Sésostris Ier et le relief d’Ahmôsis, Metropolitan Museum of Art.

Le retour achéménide en Égypte

Artaxerxès III reconquiert l’Égypte en 343 avant notre ère et la gouverne dans le cadre de l’empire achéménide jusqu’à sa mort en 338. La victoire met fin au règne indépendant de Nectanébo II et ouvre une seconde période de domination perse, beaucoup plus courte que la première. UCL Digital Egypt souligne que le nom d’Artaxerxès n’est pas attesté dans les inscriptions hiéroglyphiques conservées, mais apparaît sur un papyrus démotique et sur des monnaies probablement frappées à Memphis. Cette différence documentaire est décisive. Le roi est pleinement présent dans l’histoire impériale, mais son image en pharaon traditionnel est moins visible que celle de Darius Ier. Un article doit expliquer cette asymétrie sans conclure à une absence d’administration.

La campagne contre Nectanébo II

La reconquête de 343 est connue surtout par des récits grecs postérieurs et par la nouvelle situation politique qu’elle crée. Les auteurs décrivent les forces perses, les alliés grecs et les défenses égyptiennes avec des détails qui ne s’accordent pas toujours. La perte du Delta puis du reste du pays oblige Nectanébo II à quitter le pouvoir. Les circonstances précises de sa fuite et de la capitulation des différentes villes sont moins sûres. Il faut distinguer la date de conquête, solidement placée, de chaque scène dramatique. L’opération prouve la capacité de l’empire achéménide à revenir sur un territoire indépendant depuis plusieurs décennies. Elle montre aussi la difficulté pour la XXXe dynastie de maintenir ses alliances face à une offensive de grande ampleur.

Les monnaies de Memphis

Des monnaies portant le nom d’Artaxerxès en écriture démotique sont probablement issues de Memphis. Leur iconographie emprunte à des modèles grecs, notamment une tête d’Athéna, tandis que l’inscription les rattache à un roi perse gouvernant l’Égypte. Ce mélange est une preuve concrète de la diversité culturelle et administrative de la fin du IVe siècle avant notre ère. Une monnaie peut circuler loin du lieu où elle a été frappée ; son attribution à un atelier doit donc être étayée par des analyses de style, de métal et de distribution. Elle ne mesure pas seule l’économie de tout le pays. Elle montre néanmoins qu’une autorité royale achéménide fut exprimée dans un médium différent du relief hiéroglyphique de temple.

Le papyrus démotique

Le nom d’Artaxerxès III est aussi connu dans un document en démotique, écriture égyptienne employée pour de nombreux usages administratifs et privés. Cette attestation rappelle que l’absence de cartouches hiéroglyphiques conservés ne signifie pas que le roi était inconnu des scribes égyptiens. Les écritures remplissaient des fonctions différentes. Les sanctuaires pouvaient privilégier le hiéroglyphe monumental, tandis que les actes et comptes utilisaient le démotique ou l’araméen dans le contexte impérial. Le papyrus doit être replacé dans son genre et son lieu de provenance avant d’être utilisé pour décrire une politique générale. Sa valeur première est d’établir une datation et une reconnaissance du nouveau souverain dans un milieu d’écriture local.

Les récits d’impiété et leur contexte

Comme Cambyse II, Artaxerxès III reçut dans certaines traditions grecques une réputation de souverain impie ou brutal envers les cultes égyptiens. Ces textes ont une histoire et des objectifs propres. Ils peuvent refléter des violences réelles de la conquête, mais leurs anecdotes ne doivent pas être reprises sans confirmation. L’absence d’un grand programme de temples au nom d’Artaxerxès contraste avec les chantiers de Nectanébo II, sans prouver une politique unique de destruction de tous les sanctuaires. Le contexte d’une reconquête militaire, puis d’un règne court, explique aussi la rareté des monuments. Il faut confronter les récits littéraires, les traces archéologiques et les documents administratifs pour évaluer la période.

Une domination de courte durée

Artaxerxès III meurt quelques années après la reprise de l’Égypte. La succession perse se poursuit sous Arsès puis Darius III, avant l’arrivée d’Alexandre en 332 avant notre ère. Cette brièveté explique que la seconde domination achéménide n’ait pas laissé un paysage monumental comparable à celui de la première sous Darius Ier. Il serait pourtant faux de la traiter comme une simple parenthèse sans conséquences. Elle modifie les commandements, les recettes et les alliances, et replace l’Égypte dans un empire confronté à l’expansion macédonienne. Les documents égyptiens montrent la présence du nom royal dans les pratiques écrites et monétaires. La transition vers Alexandre se comprend à partir de cette histoire impériale immédiate.

Un règne connu par d’autres preuves

Artaxerxès III mérite un article parce qu’il oblige à changer de méthode selon les périodes. Pour Nectanébo II, les temples donnent une abondance de cartouches ; pour le conquérant perse, le papyrus démotique, les monnaies et les récits extérieurs deviennent centraux. L’absence d’inscription hiéroglyphique conservée doit être notée sans devenir une conclusion sur l’exercice du pouvoir. La reconquête de 343 est un événement majeur de l’histoire égyptienne, et ses suites préparent l’arrivée macédonienne. Un article détaillé peut expliquer comment une seconde domination perse, brève mais réelle, fut intégrée aux pratiques locales tout en restant moins visible dans les monuments religieux.

Sources principales